Le Congo pleure un fils.
Le Kivu pleure un pasteur.
Et les communautés rwandophones de la RDC pleurent un défenseur de leur dignité et de leur appartenance.
Mais au-delà des larmes, une flamme demeure.
Celle d’un homme de foi et de vérité, d’un guide spirituel qui a consacré sa vie à bâtir des ponts là où s’élevaient des murs, à rassembler là où régnaient la peur et la méfiance.
Mgr Faustin Ngabu (1935–2025) s’est éteint le 26 octobre à Goma, à l’âge de 90 ans.
Homme d’humilité, de sagesse et de justice, il a marqué des générations et incarné une Église d’unité et de réconciliation, fidèle à sa devise :« Que tous soient un » — Wote wawe mmoja.
Dans une région meurtrie par les conflits et les divisions, Mgr Ngabu s’est élevé comme une voix de paix et d’inclusion.
Son message était simple, mais profond :
Nul ne doit être exclu de la maison commune qu’est le Congo.
Pour lui, chaque communauté — Hutu, Tutsi, Hunde, Nande, Havu, Nyanga, Tembo et tant d’autres — faisait partie intégrante du même peuple congolais, uni par une histoire, une terre et une destinée partagée.
Il savait que la paix véritable naît dans la reconnaissance mutuelle, la justice et le respect de la dignité de chacun.
Dans ses homélies comme dans ses lettres pastorales, il abordait les questions sensibles d’identité et de coexistence avec courage et franchise.
Il refusait les préjugés et rappelait que la foi, vécue dans la vérité, doit unir plutôt que diviser.
Son autorité morale fit de lui un repère, un médiateur respecté et un artisan infatigable de cohésion sociale.
Sous sa direction, le diocèse de Goma devint un modèle de solidarité chrétienne : écoles, paroisses, centres de santé et programmes de jeunesse se multiplièrent.
Mais surtout, il sema dans les cœurs l’esprit d’unité, rappelant que la grandeur du Congo réside dans sa capacité à inclure et à aimer sans distinction.
Aujourd’hui encore, alors que les blessures identitaires continuent de marquer l’Est du pays, son héritage résonne comme un appel vibrant à la conscience nationale :
« Que tous soient un — non pas dans la similitude, mais dans la reconnaissance mutuelle. »
Mgr Ngabu laisse derrière lui l’image d’un père attentif, d’un pasteur fidèle, d’un homme de Dieu qui a fait de sa vie un message.
Son héritage spirituel et moral demeure une boussole pour les générations à venir, un appel à bâtir un Congo réconcilié, inclusif et fraternel.
Pour prolonger cette réflexion sur l’histoire, l’identité et les défis des communautés rwandophones, nous vous invitons à découvrir le livre Masisi du Dr Gaston Rwasamanzi.
Cet ouvrage éclaire les racines profondes des enjeux sociaux et identitaires de l’Est du Congo et prolonge l’enseignement de Mgr Ngabu : un appel à comprendre, inclure et bâtir un Congo réconcilié avec lui-même.
Texte: Fondation Rwasamanzi















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