Sud-Kivu:Crise humanitaire à Minembwe routes bloquées, insécurité et système de santé au bord de l’effondrement

Le 24 novembre 2025 Le Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA) tire la sonnette d’alarme face à la dégradation rapide de la situation humanitaire dans les Hauts Plateaux de Fizi et Mwenga. Les restrictions d’accès, les attaques contre les civils et le blocage des routes plongent aujourd’hui plus de 170 000 personnes dans une précarité extrême, selon les estimations des acteurs humanitaires.

Dans sa note de plaidoyer, OCHA appelle l’ensemble des groupes armés actifs dans la région ainsi que les autorités à prendre immédiatement des mesures pour protéger les populations civiles. Les priorités sont claires :
-Assurer la protection des civils en mettant fin aux attaques indiscriminées ou ciblées et aux actes d’intimidation qui provoquent des déplacements forcés, et en garantissant leur liberté de mouvement.
-Garantir un accès humanitaire sans entrave, notamment par l’ouverture de passages sécurisés pour les organisations humanitaires et les populations civiles.
-Garantir la protection du personnel humanitaire, des infrastructures et des biens médicaux, ainsi que la libre circulation des médicaments et des convois sanitaires.OCHA rappelle que ces demandes visent exclusivement à faire respecter le droit international humanitaire.

Les analyses effectuées par OCHA en 2025 montrent que l’accès aux zones de santé de Minembwe, Itombwe et aux Hauts Plateaux devient « extrêmement limité, voire impossible ».
Depuis janvier, la région connaît une intensification des affrontements, entraînant :
• attaques contre les civils,
• pillage des structures de santé,
• déplacements massifs de population,
• fermeture des axes logistiques essentiels.

Le blocage des routes a également provoqué une flambée des prix des produits de première nécessité. La population fait face à un risque imminent d’insécurité alimentaire grave. Le prix du kilo de sucre, qui coûtait 5 000 FC en janvier 2025, est passé à 30 000 FC en octobre 2025. Le sac de 25 kg de farine de manioc, autre denrée essentielle, est passé de 15 000 FC à 50 000 FC sur la même période. Cette hausse rend l’accès à la nourriture presque impossible pour de nombreuses familles déjà vulnérables.

Malgré l’insécurité et les contraintes d’accès, plusieurs organisations humanitaires tentent de poursuivre leurs activités à distance. Des stocks de médicaments, d’articles ménagers essentiels, d’intrants nutritionnels et de matériel scolaire ont été prépositionnés à Baraka, Uvira et Bukavu. Les humanitaires envisagent également une mission d’accès d’urgence sur l’axe Uvira–Luvungi–Baraka–Fizi–Minembwe, associée à une évaluation rapide des besoins pour faciliter l’acheminement de l’aide.

Toutefois, ces interventions restent suspendues à l’obtention de garanties formelles de sécurité pour permettre le mouvement des acteurs humanitaires. Sans cet accès sécurisé, l’aide ne peut pas parvenir aux populations qui dépendent entièrement de ces interventions pour survivre.

La crise de Minembwe illustre les conséquences dramatiques des restrictions humanitaires dans une région déjà fragilisée par les déplacements répétés, la violence et l’effondrement des services sociaux. Les organisations humanitaires appellent une nouvelle fois à l’ouverture des routes et au respect de l’espace humanitaire afin de prévenir une catastrophe encore plus grave.

Teta Mitima judith et Sandrine Hakiza

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