Par Jimmy Bakomera
Dans une ville ayant été marquée par les conflits armés, l’urbanisation rapide et les conséquences des catastrophes naturelles, les autorités urbaines Goma veulent désormais remettre l’environnement au cœur des politiques publiques.
Ce samedi, la mairie a lancé une vaste opération de reboisement le long du boulevard Karisimbi, où 1 500 jeunes palmiers ont été plantés dans le cadre des travaux communautaires du salongo.
L’opération a été conduite par l’équipe urbaine chargée du suivi, de l’évaluation et de la sensibilisation au salongo, sous la direction du maire de Goma, Désiré Ngabo Kisuba.
Les autorités présentent cette initiative comme une étape importante d’un programme visant à restaurer les espaces verts de la capitale provinciale du Nord-Kivu et à améliorer durablement le cadre de vie des habitants.
Les riverains appelés à protéger les arbres
Au lancement de la campagne, le maire a insisté sur la nécessité d’une implication active de la population afin d’assurer la réussite du projet. Selon lui, la survie des jeunes plants dépendra largement de leur entretien quotidien par les habitants et les commerçants installés le long de cette avenue.
« Ces plantules ont été acquises à un coût important. Les habitants et les commerçants installés le long de cette avenue sont désormais responsables de leur entretien. Ils doivent les arroser régulièrement, surtout pendant cette saison sèche, afin d’assurer leur croissance », a déclaré Désiré Ngabo Kisuba.
Pour l’autorité urbaine, planter des arbres ne constitue que la première étape. L’objectif est désormais d’assurer leur croissance afin que ces plantations produisent leurs effets sur le long terme, notamment en matière d’ombrage, de qualité de l’air et d’embellissement de la ville.
Des conseils techniques pour assurer la réussite du reboisement
Le chef du Bureau urbain de l’Environnement, Thierry Mvuyekure, a profité de cette activité pour rappeler les bonnes pratiques de plantation.
Devant les participants, il a expliqué qu’un arbre mal planté ou mal entretenu a peu de chances de survivre, particulièrement pendant la saison sèche.
Il a notamment recommandé de :
- creuser des trous suffisamment profonds ;
- utiliser de la terre fertile plutôt que du sable volcanique ;
- retirer le sachet plastique entourant la plantule avant la mise en terre ;
- arroser régulièrement les jeunes arbres durant les premières semaines.
Selon les services environnementaux, ces précautions sont essentielles pour garantir un taux élevé de survie des palmiers nouvellement plantés.
Une participation active des habitants
Après la cérémonie officielle, plusieurs habitants ont pris part à la plantation des jeunes palmiers devant leurs maisons et commerces, sous la supervision des agents du Bureau urbain de l’Environnement.
Cette participation citoyenne est encouragée par les autorités locales, qui souhaitent faire du reboisement une responsabilité collective plutôt qu’une simple action administrative.
Les services municipaux estiment que l’implication des riverains permettra de limiter les actes de vandalisme, les destructions accidentelles et le dessèchement des jeunes arbres.
Une réponse aux défis climatiques
Au-delà de l’aspect esthétique, cette campagne s’inscrit dans une stratégie plus large de lutte contre les effets du changement climatique.
Située au pied du volcan Nyiragongo, sur les rives du lac Kivu, Goma connaît depuis plusieurs années une forte pression démographique. L’expansion urbaine, les constructions anarchiques et la disparition progressive des espaces verts ont considérablement réduit la couverture végétale de la ville.
Les spécialistes de l’environnement rappellent que les arbres jouent un rôle essentiel dans la régulation de la température urbaine, l’amélioration de la qualité de l’air, la réduction de la poussière, la stabilisation des sols et l’absorption d’une partie du dioxyde de carbone responsable du réchauffement climatique.
Dans une ville où les températures augmentent régulièrement et où les périodes de sécheresse deviennent plus marquées, le développement des espaces verts est désormais considéré comme un levier important d’adaptation aux changements climatiques.
Le salongo remis au cœur de la gestion urbaine
Cette campagne de plantation s’inscrit également dans la relance du salongo, les travaux communautaires organisés régulièrement par les autorités locales.
Traditionnellement consacré à l’assainissement des quartiers, au curage des caniveaux et au nettoyage des espaces publics, le salongo intègre désormais des activités de reboisement et de protection de l’environnement.
Pour la mairie, cette évolution traduit la volonté de faire du développement durable un axe majeur de la gouvernance urbaine.
Un défi : assurer la survie des plantations
Si les opérations de plantation sont généralement bien accueillies par la population, leur réussite dépendra désormais de la capacité des autorités et des habitants à assurer un suivi régulier.
Dans plusieurs villes congolaises, de précédentes campagnes de reboisement se sont soldées par un faible taux de survie des arbres en raison du manque d’entretien, de l’absence d’arrosage ou encore de leur destruction.
À Goma, les autorités espèrent éviter ces écueils en responsabilisant directement les riverains.
Le défi sera désormais de transformer ces 1 500 jeunes palmiers en véritables arbres capables, dans les années à venir, d’offrir de l’ombre, d’améliorer le paysage urbain et de contribuer à la résilience environnementale de cette ville de plus d’un million d’habitants.
En multipliant ce type d’initiatives, la mairie de Goma affiche son ambition de conjuguer assainissement, participation citoyenne et protection de l’environnement dans une ville confrontée à de nombreux défis, tant sécuritaires que climatiques.











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