Crise en RDC : L’AFC/M23 dénonce la position de l’Union africaine sur la neutralisation de drones au Nord-Kivu

L’Alliance Fleuve Congo Mouvement du 23 mars (AFC/M23) a exprimé sa vive préoccupation à la suite de la déclaration publiée le 6 février 2026 par la Commission de l’Union africaine (UA), relative à la neutralisation de drones dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Dans un communiqué officiel rendu public à Goma, le mouvement qualifie la position de l’UA de « déséquilibrée » et « diffamatoire », estimant qu’elle condamne une opération de neutralisation ciblée sans prendre en compte, selon lui, le contexte sécuritaire marqué par des bombardements répétés visant des populations civiles et des positions de l’AFC/M23.

Accusations de bombardements contre les civils

L’AFC/M23 affirme que, depuis près de deux mois, et plus particulièrement depuis le 22 janvier 2026, les populations civiles de Minembwe et des Hauts-Plateaux feraient face à une intensification des opérations militaires menées par les forces gouvernementales congolaises. Le mouvement évoque l’usage de huit à douze drones d’attaque, qu’il attribue à des mercenaires étrangers, utilisés pour bombarder plusieurs zones densément peuplées.

Parmi les localités citées figurent Minembwe, Twangiza, Rwitsankuku, Katogota, Sange, Port-de-Kalundu, Masisi, Walikale, Rutshuru, Lubero, Mwenga et Kalehe. Le communiqué mentionne également des frappes ayant touché des infrastructures civiles telles que des hôpitaux, des écoles et des églises, causant la mort de nombreux civils, dont des femmes et des enfants.

Une opération présentée comme défensive

Selon l’AFC/M23, l’opération de neutralisation des drones visait exclusivement des moyens militaires et n’aurait causé aucune perte civile. Le mouvement soutient que cette action avait pour objectif principal de protéger les populations innocentes tout en respectant le cessez-le-feu consacré par l’Accord de Doha.

Le communiqué regrette que la Commission de l’Union africaine ait condamné cette opération sans enquête préalable ni consultation contradictoire, une démarche que l’AFC/M23 considère comme contraire au principe d’impartialité que l’organisation continentale est censée incarner dans le processus de paix.

Appel à l’impartialité de l’Union africaine

L’AFC/M23 estime par ailleurs que qualifier cette action de « terroriste » constitue, selon ses termes, un précédent dangereux qui affaiblit la crédibilité morale de l’Union africaine et l’éloigne de son mandat fondamental de protection des peuples africains.

Le mouvement déplore également l’absence de condamnation explicite de l’usage de mercenaires dans le pilotage des drones, pratique pourtant interdite par la Charte de l’Union africaine. Il y voit une approche partielle qui, selon lui, va à l’encontre de la responsabilité première de l’UA en matière de protection des civils.

Vers une paix juste et durable

En conclusion, l’AFC/M23 condamne fermement la déclaration de la Commission de l’Union africaine et appelle l’organisation panafricaine à privilégier une approche impartiale, responsable et fondée sur les faits. Selon le mouvement, seule une telle démarche est susceptible de contribuer efficacement à l’instauration d’une paix juste et durable dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Kivu News Today

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