Les localités de Luke et Kasenyi, situées dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu, sont de nouveau passées sous le contrôle des rebelles de l’AFC/M23, quelques heures seulement après avoir été prises par les miliciens Wazalendo. Ce retournement de situation est intervenu ce jeudi 26 février, au lendemain de violents affrontements qui ont éclaté mercredi et se sont rapidement étendus à plusieurs zones des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, notamment dans le territoire voisin de Kalehe. Les combats, marqués par l’usage d’armes lourdes et légères, ont provoqué un climat de panique au sein des populations civiles, certaines familles ayant fui vers des villages jugés plus sûrs.
Selon un habitant de Luke joint sur place, les éléments de l’AFC/M23 étaient déjà visibles dans la matinée de ce jeudi, patrouillant dans les principales artères et procédant à des opérations de ratissage après le retrait des combattants Wazalendo. Des tirs sporadiques auraient encore été entendus à l’aube, laissant craindre la présence de poches de résistance dans les environs.
La reprise de ces deux agglomérations illustre la volatilité de la situation sécuritaire dans le territoire de Masisi, où les lignes de front demeurent mouvantes. Les habitants, pris en étau entre les belligérants, redoutent une nouvelle escalade des violences dans les prochaines heures si aucune accalmie durable n’est observée.
Ngungu submergée par un afflux massif de déplacés, l’urgence humanitaire s’aggrave
La cité de Ngungu, située dans la chefferie des Bahunde, en territoire de Masisi (Nord-Kivu), enregistre une arrivée massive de personnes déplacées fuyant ces combats opposant les rebelles de l’AFC/M23 aux forces gouvernementales soutenues par les wazalendo dans les localités voisines. Contraintes de quitter précipitamment leurs villages, ces familles affluent vers le centre urbain, où les capacités d’accueil s’amenuisent de jour en jour.
D’après une autorité locale de base contacté par SOS media Burundi, la pression sur les ménages hôtes devient préoccupante. « Les familles partagent leurs maigres ressources, mais la charge devient trop lourde », explique-t-il.
Dans différents quartiers, des habitations déjà exiguës abritent désormais plusieurs familles supplémentaires. Cette promiscuité accrue s’accompagne de pénuries alimentaires et d’un accès limité à l’eau potable, rendant les conditions de vie particulièrement difficiles, surtout pour les femmes et les enfants qui composent la majorité des déplacés.
Les besoins humanitaires s’intensifient, mais, selon des sources locales, aucune aide d’envergure n’a encore été déployée. Pour l’instant, les déplacés dépendent essentiellement de la solidarité communautaire, dans un environnement économique déjà fragilisé par l’insécurité persistante.
Face à cette situation, les autorités locales et les responsables communautaires appellent à une intervention urgente des organisations humanitaires. Les priorités portent notamment sur l’assistance alimentaire, la distribution de biens essentiels, l’approvisionnement en eau potable et la prise en charge médicale des personnes les plus vulnérables.
Malgré leurs propres difficultés, les habitants de Ngungu continuent de manifester un élan de générosité en organisant des initiatives locales pour partager vivres et abris temporaires. Toutefois, les acteurs communautaires soulignent que cet élan de solidarité, aussi louable soit-il, ne pourra se maintenir sans un appui extérieur structuré et durable.
Devant l’ampleur croissante des besoins, la population espère une réaction rapide des partenaires humanitaires afin de prévenir une détérioration plus grave de la situation dans cette partie du Nord-Kivu.
Kivu news today














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