Goma – Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté ce mardi 28 juillet dans les rues de Goma, au Nord-Kivu, pour dénoncer un projet de révision de la Constitution attribué aux autorités congolaises. L’appel à la mobilisation avait été lancé par des organisations de la société civile, des mouvements citoyens et plusieurs groupes de pression présents dans les zones contrôlées par l’AFC/M23.
Dès les premières heures de la matinée, les principaux axes de la ville ont été envahis par une foule de manifestants brandissant des drapeaux, des banderoles et des pancartes. Les organisateurs avancent le chiffre de plus de 100 000 participants, une estimation qui n’a pas pu être vérifiée de manière indépendante. Parmi les slogans affichés figuraient : « Non au changement de la Constitution en RDC », « Nous voulons la paix et une sécurité durable » ou encore « Non au retour de l’insécurité à Goma et dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23 ».
Pour les organisateurs, le gouvernement congolais devrait faire de la sécurité, du développement et des conditions de vie de la population ses principales priorités. « Nous ne comprenons pas comment un gouvernement peut mettre en avant un changement de la Constitution alors que la population attend des réponses aux problèmes de sécurité, de développement et de conditions de vie. Nous voulons avant tout le retour de la paix dans tout le pays », affirme Gentil Sonny Mulume, membre d’une organisation de la société civile du Nord-Kivu.
Au sein du cortège, certains manifestants ont également exprimé des revendications plus politiques, réclamant le départ du président Félix Tshisekedi plutôt qu’une modification de la loi fondamentale. « Le président doit quitter le pouvoir et laisser la Constitution en paix. Nous ne voyons pas la nécessité de modifier la loi fondamentale dans le contexte actuel », déclare un participant.
Les manifestants se sont ensuite rendus au bureau de la Mission des Nations unies en République démocratique du Congo (MONUSCO), où un mémorandum a été remis à ses représentants. Selon les organisateurs, ce document réaffirme leur opposition à toute initiative de révision constitutionnelle et appelle à une réponse plus efficace face à la crise sécuritaire dans l’est du pays.
Tout au long de la marche, plusieurs slogans ont également visé les Nations unies et la MONUSCO. Des manifestants ont accusé la mission onusienne de ne pas assurer suffisamment la protection des civils face aux violences qui persistent dans les territoires de Beni et de l’Ituri. D’autres ont également mis en cause les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Ces accusations reflètent les positions exprimées par les manifestants et n’ont pas été étayées par des éléments vérifiables.
Selon les organisateurs, des manifestations similaires ont été organisées dans plusieurs autres localités du Nord-Kivu. Au moment de la publication de cet article, aucune réaction officielle du gouvernement congolais ni de la MONUSCO n’était disponible. Les autorités congolaises ont déjà soutenu par le passé que toute réflexion sur une éventuelle révision de la Constitution relève du débat démocratique, tandis que leurs détracteurs estiment que les priorités nationales demeurent la sécurité, la situation humanitaire et la relance socio-économique.
Cette mobilisation illustre les tensions persistantes autour du débat constitutionnel en République démocratique du Congo. Dans un pays confronté à une crise sécuritaire prolongée dans sa partie orientale, la question d’une éventuelle réforme de la loi fondamentale continue de susciter de vives réactions et de nourrir les clivages politiques.
















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