Masisi : l’AFC/ M23 s’empare des villages dans le secteur OSSO BANYUNGU limitrophe du territoire de Walikale

Des elements de l’AFC M23 ont pris le contrôle des villes de Bituna et Kasheke dans le secteur d’Osso Banyungu, dans le territoire de Masisi, dans l’est de la République démocratique du Congo, à la suite d’affrontements entre le groupe et des combattants de Wazalendo dans la nuit du mercredi 19 novembre.

Des sources locales confirment que des combattants de Wazalendo ont attaqué les positions du M23 dès les premières heures de mardi matin, des tirs d’armes lourdes et légères ayant été entendus dans diverses zones, poussant de nombreuses personnes à fuir vers des zones périphériques où elles pensaient pouvoir trouver une plus grande sécurité.

Les zones où ces habitants ont trouvé refuge se situent dans la commune de Walowa Yungu, dans le territoire de Walikale, limitrophe de Masisi. Ils témoignent que la vie y reste très difficile, car le nombre de personnes fuyant les combats qui se poursuivent dans différentes parties du territoire de Masisi, notamment à la périphérie de Walikale, augmente d’heure en heure.

Les informations confirment également que les combattants du M23 dans ces positions ont également affronté Wazalendo tout au long de la journée, faisant de nombreux blessés parmi les civils et d’autres perdant la vie.

Cependant, des sources au sein de la direction du M23 confirment que ce sont les groupes Nyatura et CMC FDP basés dans cette zone qui ont continué à provoquer le M23 depuis leurs positions situées à 8 kilomètres de l’endroit où les Wazalendo étaient campés, forçant le M23 à se défendre tout en repoussant les attaques des Wazalendo.

Le M23 confirme que le gouvernement de Kinshasa continue d’utiliser des groupes Wazalendo pour attaquer ses positions, tout en assurant qu’il poursuit la mise en œuvre du cessez-le-feu convenu lors des pourparlers de Doha au Qatar. Récemment, le Dr Oscar Balinda, porte-parole du forum AFC-M23, a déclaré à Radio Agasaro Kaburaga que chaque fois que des groupes Wazalendo attaquent ses positions, ils se défendront du mieux qu’ils pourront.

La reprise des combats survient quelques jours seulement après la signature, à Doha (Qatar), d’un accord de paix entre le gouvernement congolais et l’AFC M23, aux termes duquel les deux parties se sont engagées à mettre en œuvre un cessez-le-feu dans les combats en cours dans l’est de la RDC, ainsi qu’un partenariat économique signé entre la RDC et le Rwanda.

Cependant, certains membres de l’opposition en RDC continuent d’affirmer que l’accord entre le gouvernement et l’AFC-M23 ne peut apporter une solution durable au processus de paix du pays. Par exemple, Martin Fayulu Madidi, candidat à la présidentielle de 2018 et 2023, déclare que l’accord de Doha ne peut engendrer aucune solution.

« Aucun accord d’intégration économique régionale ne peut être fondé tant que la souveraineté de notre pays reste inchangée. »

« Notre pays n’est pas à vendre. Notre souveraineté n’est pas à vendre. L’intégration régionale est possible entre des pays qui jouissent de droits égaux, se comportent de manière responsable et respectent leurs frontières. Aucune pression ne doit être exercée sur la sécurité du Congo. Aucune situation ne doit entraver notre démarche visant à renforcer l’unité nationale . »

Cependant, d’un autre côté, les observateurs sur la situation régionale estiment que les accords signés entre les deux parties constituent une étape cruciale vers le rétablissement d’une paix durable dans l’est de la RDC. Le professeur Daddy Saleh, analyste politique et professeur de sciences politiques dans plusieurs universités du pays, a déclaré :

« Je crois que ces accords sont essentiels au retour de la paix au Congo. Il s’agit d’une étape cruciale dans ce dossier qui préoccupe la communauté internationale et la région. Le président Tshisekedi avait juré de ne jamais négocier avec le M23, mais face à la conquête de zones stratégiques dans l’est du pays par ce groupe, il a immédiatement accepté d’entamer des négociations. C’est un point crucial, car le conflit pourrait prendre fin et la population retrouver une vie normale . » Daddy Salleh, analyste politique.

KIVU NEWS TODAY

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