RDC : Joseph Kabila intensifie ses critiques contre le pouvoir de Félix Tshisekedi sur fond de tensions politiques croissantes

L’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, hausse sensiblement le ton à l’égard des autorités actuelles dirigées par Félix Tshisekedi, dans un contexte de polarisation politique accrue et de crise sécuritaire persistante dans l’est du pays.

Quelques jours seulement après un entretien remarqué accordé au journaliste Hubert Leclercq pour le média belge La Libre Belgique, l’ex-chef de l’État congolais a accordé une nouvelle interview au New York Times, publiée ce lundi 30 mars 2026, dans laquelle il durcit davantage ses positions. Déjà critique sur la gouvernance actuelle, Joseph Kabila franchit un nouveau seuil en remettant ouvertement en cause la légitimité des institutions en place, qu’il qualifie désormais « d’illégitimes ».

Dans ses précédentes déclarations, Kabila avait alerté sur un risque de « soudanisation » de la RDC une référence à l’effondrement institutionnel et aux conflits prolongés observés au Soudan suggérant que le pays pourrait basculer dans une instabilité chronique si les dérives actuelles ne sont pas contenues. Cette rhétorique alarmiste semble désormais s’inscrire dans une stratégie politique plus assumée de délégitimation du pouvoir central.

L’ancien président est également revenu sur son rôle dans la transition politique de 2018, un processus électoral controversé qui avait conduit à l’alternance au sommet de l’État. Il défend son bilan et ses décisions, tout en laissant planer une ambiguïté sur ses intentions futures, refusant de clarifier ses ambitions politiques à moyen ou long terme.

Sa présence prolongée à Goma, une ville stratégique de l’est congolais actuellement sous contrôle du mouvement AFC/M23, continue par ailleurs de susciter interrogations et spéculations. Interrogé à ce sujet, Joseph Kabila justifie ce choix par des considérations personnelles et sécuritaires, sans toutefois dissiper totalement les soupçons de proximité avec les groupes armés opérant dans la région.

Ces déclarations interviennent dans un climat particulièrement tendu, marqué par des poursuites judiciaires engagées à son encontre par les autorités congolaises. Accusé de complicité avec des groupes rebelles, Joseph Kabila a été condamné à mort par contumace une décision aux lourdes implications politiques et diplomatiques, qui continue de susciter de vives réactions tant au niveau national qu’international.

Alors que la RDC fait face à des défis sécuritaires majeurs dans sa partie orientale et à une contestation politique interne croissante, la sortie médiatique de Joseph Kabila pourrait accentuer davantage les fractures au sein de la classe politique congolaise, tout en ravivant les tensions autour de la légitimité du pouvoir et de l’avenir institutionnel du pays.

Kivu news today

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