Par Jimmy Bakomera
Les autorités de la République démocratique du Congo sous l’administration de l’AFC M23, ont annoncé la reprise partielle des activités aux postes-frontières de la Grande Barrière et de la Petite Barrière, qui relient la ville de Goma, dans la province du Nord-Kivu, à Gisenyi, au Rwanda. L’annonce a été faite dans un communiqué officiel signé par le maire de Goma Désiré Ngabo Kisuba, qui précise que cette réouverture concerne les personnes souhaitant traverser la frontière tout en maintenant un dispositif sanitaire renforcé destiné à prévenir la propagation de la maladie à virus Ebola.
Cette décision intervient alors que les autorités sanitaires congolaises poursuivent leurs efforts pour contenir l’épidémie provoquée par la souche Bundibugyo du virus Ebola. Depuis l’apparition des premiers cas, les services de santé ont multiplié les mesures de surveillance, de dépistage et de sensibilisation dans les zones concernées, tout en renforçant les contrôles aux principaux points d’entrée et de sortie du pays.
La Grande Barrière et la Petite Barrière figurent parmi les postes-frontières les plus fréquentés d’Afrique centrale. Chaque jour, des milliers de personnes les empruntent pour des raisons professionnelles, commerciales, familiales ou médicales. Les échanges entre Goma et Gisenyi constituent un élément essentiel de l’économie locale, les deux villes entretenant des liens étroits depuis plusieurs décennies.
Selon le communiqué officiel, la reprise des activités ne signifie pas un retour à la normale. Les voyageurs devront continuer à respecter l’ensemble des mesures barrières mises en place par les autorités sanitaires. Ces dispositions comprennent notamment le contrôle systématique à l’entrée et à la sortie des postes-frontières, le dépistage des symptômes, le lavage des mains, ainsi que le respect des autres protocoles sanitaires établis pour limiter les risques de transmission.
Les autorités rappellent que la coopération entre les services de santé congolais et rwandais demeure essentielle pour prévenir toute propagation transfrontalière du virus. Les deux pays collaborent régulièrement dans le cadre de la surveillance épidémiologique, du partage d’informations et du renforcement des capacités de réponse face aux urgences sanitaires.
Cette reprise partielle vise également à limiter les conséquences économiques des restrictions imposées ces derniers jours. À Goma comme à Gisenyi, de nombreux commerçants, transporteurs et travailleurs transfrontaliers dépendent de la fluidité des passages quotidiens. Plusieurs opérateurs économiques avaient exprimé leurs inquiétudes face aux perturbations des échanges, qui affectent directement les revenus de milliers de familles vivant de part et d’autre de la frontière.
Les autorités insistent toutefois sur le fait que la santé publique demeure la priorité. Elles invitent les voyageurs à faire preuve de responsabilité, à respecter les consignes des équipes sanitaires déployées aux postes-frontières et à signaler rapidement tout symptôme compatible avec la maladie à virus Ebola. Elles rappellent également que l’évolution de la situation épidémiologique fera l’objet d’une évaluation permanente et que les mesures en vigueur pourront être adaptées en fonction des risques.
La réouverture partielle des deux postes-frontières illustre ainsi la volonté des autorités de trouver un équilibre entre la protection des populations et la nécessité de préserver les échanges économiques et humains entre la République démocratique du Congo et le Rwanda. Pour les habitants de Goma et de Gisenyi, habitués à une circulation quotidienne entre les deux villes, cette décision constitue un premier pas vers une reprise progressive des activités, tout en maintenant un niveau élevé de vigilance face à la menace que représente encore la maladie à virus Ebola.













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