Devant une foule nombreuse réunie dans le territoire de Nyiragongo et une partie de Goma, dans la province du Nord-Kivu, Corneille Nangaa, coordonnateur politique de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), a affirmé que les populations locales ne vivraient plus la guerre, promettant que les violences armées appartiennent désormais au passé.
Ces déclarations ont été faites à l’occasion de la commémoration du premier anniversaire de l’installation par l’AFC/M23 d’une nouvelle administration provinciale au Nord-Kivu. Celle-ci est dirigée par Bahati Musanga Erasto, nommé gouverneur de la province le 6 février 2025 par ce mouvement politico-militaire.
Selon Corneille Nangaa, le territoire de Nyiragongo, longtemps épicentre d’affrontements entre les rebelles du M23 et les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), a payé un lourd tribut humain et matériel. Il estime que cette région est aujourd’hui à un tournant décisif, devant désormais se concentrer sur la reconstruction et le développement.
« Les populations de Nyiragongo ont traversé des épreuves extrêmement difficiles, perdant des proches et leurs biens. Nous avons été témoins de ces souffrances, et c’est pour cette raison que nous avons décidé d’intervenir pour vous libérer. Les détonations d’armes lourdes et les bombardements que vous avez connus ne se feront plus entendre. Je vous en fais la promesse. Le moment est venu de travailler, de reconstruire et de vous développer, car vous êtes désormais libérés », a déclaré Corneille Nangaa sous les acclamations.
Revenant sur le bilan d’une année de gestion administrative dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23 au Nord-Kivu, le coordonnateur politique du mouvement affirme que des avancées significatives ont été enregistrées. Il cite notamment le rapprochement de l’administration des citoyens, la mise en place d’infrastructures de base destinées à améliorer les conditions de vie des populations, ainsi que la fin des combats dans plusieurs entités contrôlées par le mouvement.
Corneille Nangaa a également souligné que la prise de la ville de Goma a constitué, selon lui, un tournant stratégique majeur, ayant facilité l’expansion du mouvement vers d’autres zones clés, notamment Bukavu, dans la province du Sud-Kivu, ainsi que plusieurs localités jugées stratégiques par l’AFC/M23.
Depuis la chute de Goma, le gouvernement de la République démocratique du Congo accuse certains pays de la région, en particulier le Rwanda et l’Ouganda, de soutenir activement le M23 dans le but de piller les ressources naturelles du pays. Kinshasa appelle régulièrement la communauté internationale à imposer des sanctions ciblées contre Kigali.
Ces accusations sont systématiquement rejetées par le Rwanda, qui les qualifie d’infondées et exhorte les autorités congolaises à privilégier une solution politique à travers un dialogue inclusif entre le gouvernement congolais et le mouvement du M23.
Par ailleurs, les autorités congolaises poursuivent leurs démarches diplomatiques auprès des États-Unis et d’autres partenaires internationaux afin de faire pression sur le Rwanda, l’accusant d’influencer le M23 pour qu’il retire ses forces de Goma et permette le retour des FARDC dans la ville. Jusqu’à présent, ces efforts n’ont pas abouti à un changement sur le terrain.
Kivu News Today













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